Honte !

Les faits survenus jeudi 27 novembre à la Dares imposent d’être portés à la connaissance de toutes et tous. Une collègue recrutée récemment comme assistante de missions a été remerciée soudainement la veille de la fin de sa période d’essai sans préavis, ni explications.

Pendant trois mois, notre collègue assistante de missions n’a reçu aucune remarque, aucune indication de difficulté, aucune mise en garde, aucun entretien de suivi. Appréciée de toutes et tous, elle était reconnue pour son sérieux et ses compétences professionnelles. Rien qui ne laisse supposer le moindre problème. Puis, précisément au moment où elle ne pouvait plus rien anticiper, la décision tombe : sèche et définitive. Une gestion de la période d’essai qui, sans la moindre transparence, contourne l’esprit même de l’évaluation : accompagner, informer, prévenir.

La suite relève d’une dérive managériale inacceptable :

    • Convocation sans objet à 14h par son chef de mission ;
    • Annonce immédiate de rupture de contrat, sans explication ;
    • Restitution de ses affaires personnelles sous surveillance directe ;
    • Évacuation du bâtiment dans l’heure toujours sous surveillance ;
    • Retrait du badge au pied de la Tour comme si l’on avait affaire à une personne suspecte ou menaçante.

Tout cela, sans préavis, sans dialogue, sans humanité.

En dehors de la qualification légale de la procédure qui reste à établir, notre organisation syndicale ne peut concevoir que les modalités du « licenciement à l’américaine » devienne une pratique courante à la Dares. Quand bien même la procédure utilisée serait « légale », lorsque des responsables choisissent délibérément de traiter une agente de manière aussi froide, expéditive et dégradante, on est en droit de se demander si certain·es n’ont pas, effectivement, « la honte chevillée au corps » tant la pratique est indéfendable sur le plan humain, éthique et professionnel.

Légal ne veut pas dire droit à une manière de faire inacceptable.

Légal ne veut pas dire juste.

Ce traitement n’est pas seulement indigne, il constitue une mise en danger.

À court terme, annoncer à une agente qu’elle doit quitter son poste dans l’heure alors qu’elle est en état de choc, la contraindre à partir sans temps de récupération, sans soutien, sans accompagnement RH, revient à exposer une personne vulnérabilisée à un stress extrême en pleine rue, avec des risques sérieux pour sa santé.

À long terme, ce type d’expulsion brutale peut provoquer une atteinte durable à la confiance professionnelle, à l’estime de soi, et au rapport au travail. Ce sont des conséquences réelles, documentées, et totalement ignorées ici. Cela aurait pu être évité si un suivi minimal avait été assuré, si un dialogue avait été ouvert, si la direction avait fait preuve d’un minimum de considération.

Ces pratiques ne sont pas neutres. Quand une agente est traitée comme un problème à faire disparaître en moins de 60 minutes, sans prévenance ni considération, c’est non seulement indigne, mais antisocial. Ces pratiques sont toxiques, destructrices et contraires aux obligations qui incombent à notre ministère en matière de santé, sécurité et dignité des agent·es. Elles jettent un discrédit profond sur les pratiques managériales de l’encadrement supérieur.

La CGT a demandé un rendez-vous en urgence avec la direction d’emploi et saisira pour avis l’inspecteur santé et sécurité au travail ministériel.

Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur cet évènement au travers d’une enquête administrative débouchant s’il y a lieu sur des sanctions disciplinaires au vu de responsabilités de la chaine hiérarchique.

Il n’est pas acceptable que de telles méthodes puissent être banalisées ou reproduites sans conséquence. Il en va du respect de nos valeurs communes, mais aussi de l’avenir de chacune et chacun d’entre nous dans cette administration.

Nous invitons les collègues qui souhaitent témoigner, apporter des éléments, réagir ou simplement exprimer leur colère ou leur incompréhension à nous écrire.

Copie : Secrétariat général des ministères sociaux, Direction des ressources humaines ministérielles

 

Les élu·es CGT dans les CSA et F3SCT
Les représentant
·es du personnel CGT de la Dares

Syndicat des ministères des affaires sociales et du travail
14 avenue Duquesne – Pièce 0433
78 rue Olivier de Serres – Pièce RDC 138

 


 

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