Le syndicalisme fait partie du patrimoine vivant de l’humanité et de la démocratie. Fait social devenu universel, il a d’abord émergé en Europe avec la révolution industrielle, et y est resté profondément enraciné depuis.
La CGT (Confédération Générale du Travail)
La CGT incarne 120 ans d’expérience d’expériences syndicales. Plus d’un siècle d’engagements avec les travailleuses et les travailleurs pour une vie meilleure, digne, libre. 120 ans de solidarité avec les travailleurs du monde entier. Ce fut une lutte de classe ardue avec ses balbutiements, ses échecs et ses conquêtes. Aux antipodes de la société de l’immédiateté il y a beaucoup à comprendre de ce passé, ignoré ou caricaturé par les médias dominants, qui a façonné le monde actuel. Bref retour sur ces années d’expérience….
Les origines
Le syndicalisme naissant s’émancipe des formes anciennes de regroupements corporatifs qui, tels les compagnonnages, assuraient des formes de solidarité élémentaires, souvent circonscrites aux professions. Dès avant 1848, en dépit de la loi Le Chapelier et de l’interdiction de se coaliser, les travailleurs forment, en assez grand nombre, des associations mutualistes. La loi de 1864 lève cet interdit et déclare licite le droit de grève. Les chambres syndicales tolérées à partir de 1868, se multiplient ; des fédérations, locales et nationales, par métiers se mettent en place. Beaucoup sont en contact ou adhèrent à l’Association internationale des travailleurs créée à Londres, en 1864.
Les origines Le syndicalisme naissant s’émancipe des formes anciennes de regroupements corporatifs qui, tels les compagnonnages, assuraient des formes de solidarité élémentaires, souvent circonscrites aux professions. Dès avant 1848, en dépit de la loi Le Chapelier et de l’interdiction de se coaliser, les travailleurs forment, en assez grand nombre, des associations mutualistes. La loi de 1864 lève cet interdit et déclare licite le droit de grève. Les chambres syndicales tolérées à partir de 1868, se multiplient ; des fédérations, locales et nationales, par métiers se mettent en place. Beaucoup sont en contact ou adhèrent à l’Association internationale des travailleurs créée à Londres, en 1864.
La Naissance
En 1895, à Limoges, ces deux conceptions du syndicalisme se combinent pour donner naissance à la Confédération générale du travail dont les structures seront consolidées en 1902 à travers l’existence des sections des fédérations professionnelles et des bourses du Travail. Les premiers pas de la CGT sont hésitants, les clivages politiques sont nombreux. Au Congrès de 1906, alors que la lutte pour les 8 heures et les grèves prennent de l’ampleur, les délégués se retrouvent autour d’ambitions communes. En effet, la Charte d’Amiens assigne trois tâches fondamentales au syndicalisme : la lutte des classes, la « double besogne » (action pour le quotidien et pour la transformation sociale), l’indépendance vis à vis des partis, des Églises, de l’État et du patronat. Pour une majorité, ces positions se confondent avec l’orientation syndicaliste révolutionnaire qui fait du syndicat l’instrument de l’émancipation ouvrière et de la grève générale sa première étape. D’autres se réclament, en revanche, d’orientations réformistes. Tandis que la CGT s’engage en faveur de la création de fédérations d’industrie, les unions départementales se substituent aux bourses du travail dans les structures confédérales à partir de 1913. Le fédéralisme, autrement dit le droit pour chaque organisation confédérée à s’administrer et à décider librement, constitue le principe d’organisation de la centrale.
Les années difficiles
Quand 1914 débute, la CGT qui perçoit les risques lance « la guerre à la guerre ». L’assassinat de Jean Jaurès bouleverse la donne. Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, et les principaux leaders cégétistes acceptent l’Union sacrée, provoquant un retournement d’orientation spectaculaire : la grève générale contre la guerre n’aura pas lieu. Cette rupture avec la tradition syndicaliste antérieure a de lourdes conséquences. L’armistice du 11 novembre 1918 et la révolution de 1917 ouvrent de nouvelles perspectives à la classe ouvrière : des vagues de grèves accompagnent une poussée sans précédent de la syndicalisation. Pour parer à la progression de la minorité révolutionnaire, la majorité confédérale, groupée autour de Léon Jouhaux, décide d’expulser les syndicats oppositionnels. La CGT se scinde. A compter de 1922, coexistent deux centrales : la CGT de Léon Jouhaux (confédérée) et la CGT-U (unitaire) dont les principaux dirigeants seront Gaston MONMOUSSEAU puis Benoît FRACHON. Cette division dure treize ans au cours desquels deux types de syndicalisme coexistent et se déchirent. L’un, d’essence réformiste, attaché à la négociation et à la présence dans les institutions ; l’autre, révolutionnaire, privilégie la grève et articule ses initiatives et ses orientations à celles du Parti communiste. Toutes deux regroupent, inégalement, des fonctionnaires qui ont obtenu de facto le droit de se syndiquer en 1924. Cette division, le contexte créé par la dépression économique de 1929, et ses répercussions en France, paralysent l’action syndicale.
L’unité reconstruite
Le rassemblement antifasciste, d’abord initié par la CGT à partir de février 1934, contribue à surmonter la division d’autant que communistes, socialistes et radicaux s’entendent pour une issue politique. A Toulouse, en mars 1936, CGT et CGT-U se réunifient. La CGT apporte son soutien au programme du Front populaire. En juin 1936, c’est la victoire ! Aussitôt prolongée par une vague de grèves conclue par l’Accord Matignon qui consigne d’historiques conquêtes sociales 1936 : Victoire sur la misère L’Accord Matignon est signé le 7 juin 1936 entre la CGT, la Confédération générale de la production française et le Président du Conseil. Il prévoit : l’augmentation des salaires, le droit d’adhérer librement à un syndicat, les délégués ouvriers, la création des conventions collectives. Les 40 heures et les congés payés sont aussi gagnés. Pour la première fois dans l’histoire sociale du pays, la syndicalisation devient un phénomène de masse qui profite largement aux ex-unitaires et à leurs conceptions liant mobilisation et acquis sociaux, mais cela est de courte durée. La droite et le patronat exploitent les failles du Front populaire, la Guerre d’Espagne entraîne des divergences. La signature, en 1939, du Pacte de non-agression entre l’URSS et l’Allemagne fournit le prétexte à l’expulsion de la CGT des militants communistes et des syndicats qu’ils dirigent. La droite exulte : « Plutôt Hitler que le Front populaire » !
Les années noires
La Seconde Guerre mondiale disloque le syndicalisme ; les grèves sont interdites. La CGT est dissoute en novembre 1940, elle ne survit que de manière officieuse ou clandestine. Autour de René Belin, ses dirigeants les plus droitiers sont pétainistes et s’engagent dans la rédaction de la Charte du Travail (octobre 1941) qui prône la collaboration des classes, tandis que les ex-unitaires engagés dans la Résistance animent un combat anti hitlérien de premier ordre ; nombre d’entre eux sont arrêtés, déportés, fusillés. En 1943, les conditions politiques permettent un accord de réunification avec les ex-confédérés opposés à la Charte, conclu dans la clandestinité au Perreux (près de Paris). La CGT est membre fondatrice du Conseil national de la Résistance. A la Libération, réunifiée, la Confédération regroupe cinq millions d’adhérents. Léon Jouhaux et Benoît Frachon sont co-secrétaires généraux.
Cette période, caractérisée par un formidable effort de reconstruction du pays et un rapport des forces favorable aux travailleurs, permet de notables avancées sociales et économiques : nationalisations, Sécurité sociale, comités d’entreprises, statut de la Fonction publique, délégués du personnel…
L’installation de la guerre froide, dès 1947, va lourdement peser sur la CGT qui, favorable à l’indépendance du peuple indochinois, lutte pour le progrès social et contre le plan Marshal. Sur tous ces points, les ex-confédérés, organisés en tendance autour du journal Force ouvrière, sont en opposition avec la très large majorité des syndiqués. Soutenus par les forces syndicales et politiques anticommunistes, françaises et étrangères, notamment américaines, ils provoquent une nouvelle scission. À nouveau l’unité de la CGT est brisée comme est brisée l’unité syndicale internationale un moment réalisée dans la Fédération syndicale mondiale. Le syndicalisme français s’installe dans le pluralisme (CGT, CFTC [1919], CGC [1944], CGT-FO) et le recul de la syndicalisation. Les années 1947 et 1948 se caractérisent par la dureté des affrontements sociaux et une dure répression. L’anti « cégétisme » d’Etat frappe de nombreux militants qui, au début des années 1950 sont arrêtés, emprisonnés ou contraints à la clandestinité comme Benoît Frachon alors Secrétaire général.
La guerre sans nom
Entre 1954 et jusqu’en 1962, la guerre d’Algérie pèse sur le mouvement social. Sur le front des revendications, la Confédération centre ses actions sur les salaires, la diminution de la durée du travail et contre les l’augmentation des cadences. Favorable à l’indépendance de l’Algérie, elle dénonce l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle, en 1958. Peu à peu, la CGT parvient à regagner des forces. Au printemps 1963, la grève des mineurs inflige à de Gaulle un premier échec. Commence alors, une nouvelle séquence pour le mouvement social.
L’embellie de Mai 68
En janvier 1966, la CGT conclut un accord d’unité d’action avec la CFDT née, en 1964, de la déconfessionnalisation de la CFTC. Pour la première fois depuis la scission de 1948, la CGT sort de son isolement. Face à la montée du chômage, aux attaques contre la gestion démocratique de la Sécurité sociale, aux conditions de travail pesantes, cet accord libère des énergies revendicatives, provoque un essor des grèves, qui préfigurent Mai 68. Les « événements » de mai-juin 1968 et, en leur coeur, la puissante grève généralisée, avec un pic de huit millions de grévistes, placent la CGT au centre de la vie sociale. Le constat de Grenelle (hausse du Smig, création de la section syndicale d’entreprise, promesse de réduction du temps de travail…) et les nombreux accords de branches et d’entreprises constituent d’appréciables résultats. Pourtant le compte n’y est pas : en effet, les espérances d’un changement politique ne se concrétisent pas. La CGT y aspire. En effet, depuis 1965, elle s’est prononcée pour l’union politique des forces de gauches sur la base d’un programme commun. Celui-ci sera signé en 1972.
Les crises des années 70
Au tournant de la décennie 1970 se manifestent les premiers signes d’une crise structurelle d’ampleur du capitalisme. S’amorce alors une profonde recomposition des entreprises que précipite la désindustrialisation. Les fermetures d’usines se multiplient. Le chômage explose. Des régions entières telles la Lorraine et le Nord-Pas-de-Calais sont dévastées. La CGT qui au cours de la grève de Mai 68 et dans son sillage s’est renforcée procède au rajeunissement de ses cadres et de ses références. En 1969, elle réforme ses statuts, modifie l’article 1, inchangé depuis 1902. L’objectif d’une « disparition du salariat et du patronat » est remplacé par celui de « la suppression de l’exploitation capitaliste notamment par la socialisation des moyens de production et d’échange ». C’est aussi ce Congrès (37e) qui intègre les régions, l’Ugict, l’UCR et met en place la Commission exécutive Les générations de 1936 et pour partie celle de la Résistance laissent leur place. En même temps la Confédération réfléchit à son fonctionnement interne, renforce son activité en direction des femmes et des catégories salariales comme les jeunes et les immigrés. Cela ne suffit pas. Les bases historiques d’implantation de la CGT sont attaquées, voire détruites. Les effectifs syndiqués régressent, la CFDT se « recentre », la division syndicale s’accentue : la capacité de lutte des travailleurs est affaiblie. Au 40e Congrès, réuni à Grenoble, en décembre 1978, que Georges Séguy veut « audacieux, novateur et conquérant », la CGT tente de dégager une issue, mais bute sur des débats internes qui annoncent une crise plus sévère. Pour la CGT, qui a oeuvré en faveur du programme commun, la rupture de l’union de la gauche, en 1977, est un tournant déplorable. C’est dans ce contexte, qu’en 1981, François Mitterrand est élu Président de la République. Après avoir soutenu sans réserve le Programme commun, la CGT opte pour un soutien fluctuant au Premier ministre, Pierre Mauroy. Il s’agit pour la centrale de concilier une attitude revendicative et un soutien à l’expérience gouvernementale. Les actions contre les restructurations sont nombreuses sans toutefois se coaliser en journée interprofessionnelle de grèves.
L’espoir déçu
Les réformes marquantes du gouvernement de Pierre Mauroy, – les nationalisations, la cinquième semaine de congés payés, les 39 heures hebdomadaires, la retraite à 60 ans, l’abolition de la peine de mort, le remboursement de l’IVG…-, sont contrariées, sinon contredites par la politique de rigueur conduite à partir de l’été 1982. La France, touchée aussi par les évolutions planétaires – disparition de l’URSS, et des pays « socialistes », instauration de l’OMC – , entre dans une ère nouvelle. Dès lors, la CGT se bat sur tous les fronts de l’exploitation, contre la casse industrielle et le chômage, pour les salaires et la défense de la protection sociale. Les résultats ne sont pas au rendez-vous.
La CGT s’affaiblit. En 1986, des coordinations qui prétendent offrir une voie unitaire créent un peu plus de division. De même la tentative de recomposition des forces syndicales réformistes se fracasse sur la création de SUD PTT, de la FSU et de l’Unsa. En 1992, Henri Krasucki part, Louis Viannet arrive. Ce dernier entend amorcer une reconquête. Il veut « faire avancer une CGT diverse », plaide pour « un syndicalisme rassemblé » de propositions et d’actions, et, en quittant le Bureau politique du PCF donne un signal d’indépendance.
En décembre 1995, Alain Juppé, Premier ministre, présente une réforme qui met notamment en cause les régimes particuliers de retraites. Au terme de près d’un mois de mobilisations par la grève et les manifestations, il doit reculer. En 1997, la dissolution de l’Assemblée nationale permet à « la gauche plurielle » de revenir au pouvoir. A la tête du gouvernement, Lionel Jospin n’entend ni les chômeurs ni les salariés du public, mais ne semble pas choqué par « la refondation sociale » prônée par le Medef. Face aux licenciements chez Michelin, il prétend que « l’Etat ne peut pas tout » ! Le 21 avril 2002 c’est Jean-Marie Le Pen qui accède au second tour de l’élection présidentielle. Jacques Chirac est élu président de la République.
Le 21ème siècle
En 2003, grévistes et manifestants se dressent face à la « réforme Fillon » des retraites ; mais l’attitude de la CFDT casse leur mouvement. La voie est libre pour des politiques gouvernementales et patronales régressives. Dans ce contexte la CGT ne se résigne pas, mais peine à mettre en oeuvre ses orientations de congrès. L’émiettement syndical, que n’atténue pas l’entrée de la CGT à la CES (1999), est un handicap essentiel pour le mouvement social. Bernard Thibault, est élu secrétaire général, en 1999. Un coin de ciel bleu se montre, en 2006, quand la Confédération contribue de façon décisive à l’échec du projet de CPE. Au printemps 2010, une nouvelle réforme des retraites provoque une mobilisation de grande ampleur. Avec le vote de la loi et les dissensions syndicales, le mouvement s’effrite. La CGT contribue aux luttes des « sans-papiers » et des salariés précaires. Ayant quitté la FSM, elle participe à la fondation de la Confédération syndicale internationale (CSI) en 2006. Alors que la défaite de Nicolas Sarkozy, en 2012, réjouit, la présidence de François Hollande nourrit déception et interrogation sur la riposte à apporter. La crise systémique du capitalisme, ouverte en 2007-2008, affecte toutes les sphères de la société. UMP et PS sont au bord de l’implosion. Le mouvement syndical est très atteint dans son efficacité et sa crédibilité. En 2013, le changement de Secrétaire général provoque une crise interne. Le nouvel élu, Thierry LEPAON œuvre au déploiement d’une CGT revendicative, active et négociatrice.
En 2014, la CGT décide de célébrer son 120e anniversaire pour améliorer la compréhension de son histoire, pour s’approprier davantage son expérience séculaire afin de mieux répondre aux défis du présent et se projeter dans la construction d’un avenir radicalement inédit. En 2015, Philippe Martinez est élu secrétaire général en remplacement de Thierry LEPAON après la démission de ce dernier. En 2016, la CGT participe activement aux grèves et manifestations du printemps 2016. La CGT annonce à la presse que toutes les raffineries de France sont en grève le 24 mai. Elle impose aux quotidiens nationaux, pour paraître le 26 mai, de publier une tribune signée de leur secrétaire général Philippe Martinez contre la loi Travail. Avril 2017 : Dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2017, la CGT appelle à « faire barrage » à Marine Le Pen sans pour autant inviter à voter pour Emmanuel Macron. Mai 2019 : Philippe Martinez confie le 30 janvier 2019 qu’il sera candidat à sa réélection lors du congrès de Dijon qui aura lieu du 13 au 17 mai. Hiver 2019/2020 : la CGT participe activement aux grèves et aux manifestations contre le projet de réforme des retraites. Automne 2020 : la CGT participe activement aux manifestations contre la Proposition de loi relative à la sécurité globale. Hiver/printemps 2023 : Le mouvement social contre la réforme des retraites en France en 2023 mobilise pendant plusieurs mois des millions de personnes protestant contre le relèvement de 62 à 64 ans de l’âge légal de départ à la retraite et à 43 ans de la durée minimum de cotisation. Ces mesures sont portées par le gouvernement d’Élisabeth Borne, sous la présidence d’Emmanuel Macron. Réunis en intersyndicale nationale en décembre 2022, quelques mois après la réélection d’Emmanuel Macron et plus de deux ans après l’abandon d’un premier projet de réforme, les huit principaux syndicats de salariés lancent un appel à des grèves et manifestations. Le 19 janvier 2023, la contestation est beaucoup plus forte qu’attendue. Treize autres journées d’action suivent dans quelque 300 villes, le nombre total de manifestants dépassant plusieurs fois les précédents records de 1995 et 2010, selon la police comme selon les syndicats. L’adoption de la réforme, le 16 mars 2023, après un débat raccourci et sans vote du Parlement, via un recours inattendu à l’article 49.3 de la Constitution, relance le débat sur une crise démocratique. Cette initiative est suivie de manifestations quotidiennes improvisées et d’une motion de censure Trans partisane, qui est rejetée de justesse.

L’élection de Sophie BINET lors du 53ème Congrès
marque une nouvelle page dans l’histoire de la CGT.
La CGT appellera à voter pour les candidats du Nouveau Front Populaire
lors des élections législatives de 2024.
L’organisation de CGT, pas si difficile à comprendre ?
Bâtie selon deux dimensions professionnelles et géographiques, la CGT s’est forgée et constituée au fil de l’histoire autour d’une conception de solidarité entre les salariés qui combine l’ancrage à l’entreprise et à son environnement territorial.
D’abord une organisation en fédération ou union professionnelle, c’est-à-dire faisant référence à l’activité de l’entreprise. Elle couvre tous les secteurs professionnels (via ses Fédérations). Une lecture rapide de la dénomination des fédérations est une histoire des activités industrielles et tertiaires qui s’installent en France depuis le début du 18ème siècle. Des fédérations qui n’en sont pas, la CGT fonction publique n’existe pas en tant que telle, coexistent des unions qui couvre la fonction publique territoriale, une fédération santé et action sociale qui couvre les agents de la fonction publique hospitalière et enfin une union fédérale des syndicats de l’Etat (UFSE) à laquelle notre syndicat est affilié. https://www.cgtetat.fr/; Qui sommes-nous ? | CGT
La CGT est présente sur tout le territoire grâce à un maillage d’organisations réparties à différentes échelles territoriales : des structures régionales appelées Comités Régionaux, les Unions Départementales, et en proximité les unions locales. Il faut y rajouter des Unions locales Rôle et place des Unions locales dans la CGT | CGT.
Le SMAST-CGT travaille avec l’Union locale du 7ème arrondissement de PARIS.
C’est quoi mon organisation syndicale de base le SMAST-CGT ?
Le syndicat des ministères des affaires sociales et du travail-CGT (SMAST-CGT) est une organisation syndicale autonome affiliée par ses statuts à la Confédération Générale du Travail.
Le syndicat est constitué juridiquement comme une association syndicale dont les statuts sont déposés en préfecture, ses comptes financiers sont déposés à la Direction Régionale du Travail.
Le champ syndical du SMAST-CGT : Les personnels actifs et retraités des administrations centrales des ministères sociaux (santé, solidarité, travail, emploi), des services centraux délocalisés, agences ou organismes sous tutelle (établissements publics, GIP, autorités indépendantes …), groupés en sections syndicales de services ou d’établissements (extrait des statuts modifiés en 2021).
Le fonctionnement syndical du SMAST-CGT

Le secrétaire général représente le CGT-SMAST en justice, et pour les actes auprès de l’administration. il désigne les membres du bureau exécutif qui assurent avec lui la permanence et la continuité de l’activité syndicale.
Les activités syndicales du CGT-SMAST
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- Gestion des instances représentatives
- Négociation collective
- Action revendicative
- Communication syndicale
- Information, animation et formation des adhérents
LE FNI : le premier timbre versé s’appelle le FNI, pour « fond national interprofessionnel ». Il a une répartition spécifique, permet de comptabiliser le nombre de syndiquées et assure la solidarité financière entre les organisations de la CGT. Les timbres mensuels sont tous les timbres autres que le FNI payés par le ou la syndiquée. Il y en a onze au maximum et ils servent à financer le syndicat et les organisations professionnelles ,et interprofessionnelles, territoriales et nationales. Les cotisations des syndiquées sont reversées à CoGeTise. Elles financent leur syndicat : toutes les structures professionnelles (Fédérations) et territoriales (unions départementales et locales, comités régionaux) auxquelles il est affilié ainsi que la Confédération et les publications. Elles font l’objet d’une partition adoptée au congrès confédéral et dont le pourcentage est variable par département et par fédération. Afin de permettre le bon fonctionnement des organisations de la CGT, il est nécessaire que chaque syndicat procède à des versements réguliers auprès de CoGéTise. Il est possible de déclarer ses cotisations et FNI en ligne via le site cogetise.cgt.fr.

Qu’est-ce que CoGiTiel et CoGéTise ? À quoi servent-il ?
Au fil de son histoire, la CGT s’est dotée d’outils qui ont vocation à développer les solidarités entre organisations de !a CGT et contribuer à son développement et rayonnement auprès des salariés-es pour peser et élargir un rapport de force.
CoGiTieI est le logiciel de la CGT depuis 2001. Outil en constante évolution, il permet une meilleure connaissance de l’organisation et des syndiqués-es. À cet effet, les syndicats doivent veiller à sa mise à jour régulière et recenser certains éléments d ‘information : adresse postale, courrier, date de naissance, date d’adhésion, mandats, formation etc.
Par exemple, la rubrique « Informations CGT » permet à chaque syndiqué-e de recevoir Ensemble, le journal mensuel de la CGT. Inscrire toutes les syndiqué-es dans le CoGITiel contribue à urne meilleure connaissance de nos forces organisées, un suivi des parcours de formation des élus-es et mandatés-es, la continuité syndicale en cas de mobilité, de départ en retraite ou de changement de situation. Cela permet aussi au syndicat de connaître et de recenser ses syndiqué-es pour, à partir des statistiques, effectuer une analyse de l’évolution du syndicat (nombre d ‘adhérent-es par service ,et établissement, ,durée d’adhésion, renouvellement, âge, réunion des élues et mandatés-es, etc.). Cela permet aussi de construire des plans de syndicalisation ou d’action adaptés, ou de mieux communiquer, par exempte en s’adressant directement à tous les délégués syndicaux, aux conseiller des prud’hommes, etc.
CoGéTise est le système CGT de répartition de la cotisation entre les organisations. Pour que les syndiquées puissent se prévaloir de leur appartenance à la CGT, il faut que le syndicat adhère à une fédération CGT relevant du champ d’application de sa branche professionnelle et à l’union départementale CGT de son département. Ces adhésions se matérialisent par le versement d’une quote-part de la cotisation de chaque syndiqué-e via CoGéTise. C’est ce qui caractérise la double affiliation prévue par les statuts de la CGT.
Le vade-mecum du parfait permanent syndical : Décret n°82-447 du 28 mai 1982 relatif à l’exercice du droit syndical dans la fonction publique.
L’organisation syndicale : les décharges syndicales sont déterminées par les résultats des élections professionnelles aux comités d’administration ministériels. Chaque organisation a droit un nombre d’heures en fonction de ses résultats en voix et en sièges. Le SMAST-CGT dispose de 17 jours par semaine. Des autorisations spéciales d’absence (ASA) peuvent être données à tous les camarades qui veulent travailler pour le syndicat.
Les élu-e-s et mandaté-e-s
« Les mandats exercés par les élus-es et mandatés-es de la CGT sont des « outils » efficaces. Ils sont la vitrine de la CGT tant dans les entreprises et les localités que dans les instances où sont élus-es et mandatés-es siègent, au niveau local, départemental, régional, national. Les élus-es et mandatés-es sont porteur de toute la démarche de la CGT » (cf. « Charte de l ‘élu-e et mandaté-e »).
Impossible aujourd’hui de traiter du syndicat sans parler de représentant-es des salarié-es ou des mandaté-es par le syndicat. leur fonction est définie par des textes concernant la défense des intérêts matériels et moraux des salarié-es. Leur existence est aussi le produit du rapport de force : c’est l’action collective qui a imposé le droit des salarié-es à être représenté-es et la création d’une multitude d’instances pour ce faire. Certes. elles et ils ont un rôle important et des moyens – bien que très insuffisants -. mais cela ne saurait suffire à la satisfaction des revendications. Sans rapport de force et sans l’apport du syndicat, de l’entreprise à la Confédération, pour développer une pratique revendicative de conquête sociale. il est illusoire de penser être entendu du patronat et du gouvernement. l’actualité et la situation des salarié-es en apportent la preuve au quotidien.
C’est bien le syndicat, avec les syndiqué-e s, qui décide des revendications, et les élu-es et mandaté-es ont u n rôle particulier pour les porter (cf. « Charte de l ‘élu-e et mandaté-e »).
Il est nécessaire de réfléchir à leur action à partir du syndicat et de l ‘intervention collective, afin que les besoins des salarié-es restent en permanence le socle de leurs prérogatives dans la confrontation entre capital et travail.
Comme le stipule la « Charte de l’élu-e et mandaté-e », c’est au syndicat qu’appartient la décision de proposer des candidatures aux différents mandats. Ces candidatures doivent être débattues avec les syndiqué-es, en réunion de direction des syndicats. pour permettre à toute la CGT de fonctionner selon les besoins.
Tout-e adhérent-e a le droit de prétendre, dans le respect des statuts des organisations de la CGT concernées, à des fonctions électives dans l’entreprise ou l’établissement. Tout-e adhérent-e peut prétendre à des responsabilités locales, départementales, régionales ou nationales. toujours après la consultation des syndiqué-es, dans son syndicat. Et ce sont les syndiqué-es à jour de leurs cotisations qui décident des listes des candidat-es.
Vous êtes élu(e)s dans un Comité Social d’administration

Pour les ministères sociaux :
1 – un comité social d’administration ministériel « affaires sociales » – 15 membres. Périmètre agents des administrations centrales, des services déconcentrés et des ARS (affaires sociales).
2- un comité social d’administration ministériel « travail/emploi » – 15 membres. Périmètre agents des administrations centrales, des services déconcentrés (travail).
3- un comité d’administration sociale d’administration centrale – 11 membres. Périmètre agents des administrations centrales santé/social/travail.
Vous êtes mandatés par la CGT pour faire partie de la commission locale de concertation.
La commission locale de concertation (CLC) est une instance de dialogue et de concertation de proximité, placée auprès du directeur. Elle vise à faciliter le dialogue social dans la mise en oeuvre de l’organisation des directions, délégations et services
de l’administration centrale, en prenant en compte les besoins et les attentes exprimés par les personnels qui y exercent.
Vous êtes élu(e)s en tant que commissaire paritaire :

Il existe pour les agents contractuels une commission consultative paritaire qui a les mêmes compétences que les commissions administratives paritaires.
Etre syndiqué, ça m’engage à quoi ?
On se pose tous beaucoup de questions sur le syndicalisme. Existent-ils des obligations? La réponse est NON : A la CGT, chaque syndiqué garde sa liberté de penser et sa liberté d’action
La CGT propose, vous disposez…
La CGT invite chacune et chacun de ses syndiqués à prendre sa place dans l’action et l’activité syndicales, à s’y investir, à s’y épanouir selon ses souhaits et ses possibilités.
Chaque syndiqué est donc libre de la place qu’il prend dans le syndicat :
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- Certains souhaitent payer une cotisation, sans vouloir s’impliquer plus dans la vie du syndicat : c’est leur droit, il nous le dise.
- D’autres veulent servent de relais dans leur direction auprès des agents pour les orienter vers la permanence pour des questions et le traitement de dossier individuel.
- D’autres se plaisent davantage dans les actions de mobilisation, lorsqu’on crée le matériel revendicatif avant de partir en manifestation.
- Certains font le choix de solliciter un mandat d’élu(e) au CSA, de commissaires paritaires dans les CAP et la CCP, ou de représentants de la CGT dans les commissions locales de concertation.
- Certains seront aussi intéressés pour participer aux commissions d’action sociale où se décident la politique d’action sociale des ministères sociaux, à la commission des aides financières ou aussi aux formations du comité médical (les congés maladie-invalidité- les procédures de reclassement.
- D’autres sont intéressés par la vie syndicale de leur organisation, ils seront candidats à la commission exécutive du SMAST-CGT. D’autres seront motivés par le fait de participer aux travaux de l’Union départementale CGT 75 ou de l’UL du 7ème arrondissement.
- D’autres voudront approfondir leur engagement en prenant une décharge syndicale ou des autorisations spéciales d’absence ASA pour travailler pour le syndicat. Ils appartiendront ainsi au bureau du CGT-SMAST qui est la cheville ouvrière du syndicat.
Le temps et la disponibilité, les ennemis du syndicalisme. Chacun apporte sa contribution en fonction de sa situation, de son tempérament, de ses envies et de ses sujets de préoccupation. Le temps qui peut être consacré au syndicalisme ne doit pas être vécu comme une obligation. Accorder régulièrement 2 heures par mois pour s’impliquer dans un travail syndical, rédiger un compte-rendu, orienter un de vos collègues et lui indiquer le bon contact dans les permanences c’est déjà très bien.
L’adhésion qui est un engagement ouvre au syndiqué des droits essentiels à son activité, à son investissement dans l’organisation pour en devenir pleinement acteur : droit à la formation syndicale, droit de recevoir de l’information (tracts, bulletins fédéraux, infos locale ou départementale, publication confédérale).
Service public : l’intérêt commun du quotidien
Le 53e congrès de la CGT, nouvel épisode d’une profonde crise de direction