CSA conjoint Travail – Emploi et Affaires sociales – Santé du 30 septembre 2026

La réunion d’aujourd’hui est exclusivement consacrée à l’examen de documents – textes et guide – préparatoires aux élections professionnelles, prévues dans une poignée de semaines. Comme nous ne disons depuis des mois, les Ministères sociaux n’ont pas suffisamment anticipé cette échéance importante et se retrouvent au pied du mur, à nous soumettre ces éléments pour un avis dont la portée ne peut être que formelle, au regard des conditions dans lesquelles il est sollicité.

La réunion d’aujourd’hui intervient au lendemain d’une journée noire pour les services publics : la participation des agent.es, révolté.es par les « efforts » qui leur sont demandés, alors qu’il.elles subissent une perte de pouvoir d’achat vertigineuse du fait du gel durable de la valeur du point d’indice et la dégradation de leurs conditions de travail, a été massive. Cette colère a-t-elle été entendue ? Nous ne pouvons qu’en douter, notamment dans nos Ministères, annoncés comme les principaux contributeurs aux nouvelles économies budgétaires annoncées.

La réunion d’aujourd’hui se tient, comme si de rien n’était, alors que de lourdes sanctions sont toujours envisagées contre deux de nos collègues, Inspecteurs du travail au sein de la DDETS de l’Isère : mutation disciplinaire pour l’un, blâme pour l’autre. Dans un contexte d’atteintes graves et fréquentes aux missions de contrôle et à l’indépendance de l’inspection du travail, l’administration du travail choisit de s’en prendre à ceux qui les défendent. Dans un contexte de dégradation durable et avérée des conditions de travail au sein de la DDETS 38, l’administration du travail choisit de s’en prendre à ceux qui n’ont eu de cesse de porter des alertes à sa connaissance.

Nous considérons ces procédures disciplinaires comme des procédures bâillons dont le seul objectif est de faire taire celles et ceux qui défendent les missions de service public et s’opposent à la dégradation des conditions de travail. Nous n’acceptons pas les lourdes sanctions envisagées à l’encontre de nos collègues qui heurtent de nombreux.ses collègues et qui aggravent la situation déjà très dégradée du point de vue de l’exposition de tou.tes à des risques psychosociaux qui explosent. Le tableau dressé par l’expertise APTEIS aurait dû suffire à vous en convaincre.

La réponse adressée par le Ministre à notre courrier consécutif à la réunion de la F3SCT ministérielle du 18 juin 2026 consacrée au rapport issu de cette expertise démontre que tel n’est malheureusement pas du tout le cas. J.P. Farandou nous assure que « la santé, la sécurité et les conditions de travail des agents constituent pour [lui] une priorité » et admet que les difficultés sont « réelles », mais pour « certains » agents, seulement, niant ainsi le caractère généralisé de la dégradation des conditions de travail pourtant clairement mise en évidence par le rapport. Face à ce semi-constat, il dit que l’administration n’est pas demeurée « inactive », qu’elle aurait déjà engagé plein de choses – sans moyens pourtant – et pour le reste, il renvoie à un plan d’actions qui, avec un budget en baisse de 2.8 milliards d’euros, ne pourra qu’être de la poudre aux yeux. Il termine en osant une référence au dialogue social qu’il souhaite « exigeant, transparent et constructif », alors qu’il ignore superbement nos collègues en grève reconductible depuis plus de trois semaines, tout autant que nos demandes réitérées d’entretien, notamment la dernière en date, pourtant présentée par les secrétaires générales de nos trois confédérations, Murielle Guilbert, Sophie Binet et Caroline Chevé.

La semaine dernière, à l’occasion d’une interview sur LCI, J.P. Farandou déclarait qu’il voulait « montrer l’exemple ». Le Ministre du Travail et des Solidaritésdoit effectivement montrer l’exemple. Les agent.es de son propre ministère ont effectivement besoin de voir des actes forts : aucune sanction ne doit être prononcée contre des agents dont le seul tort est d’avoir défendu nos missions et nos conditions de travail ; un plan d’actions associé à des moyens conséquents doit être mis en œuvre pour améliorer nos conditions de travail, à tous et toutes.

Dans un tel contexte, face à une atteinte d’une gravité aussi importante à la liberté d’expression syndicale, alors que toutes nos demandes de rendez-vous au Ministre sont restées lettre morte et alors qu’un budget encore plus austéritaire que le précédent va être annoncé, nous avons décidé de ne pas siéger aujourd’hui. Nous refusons de faire comme si de rien n’était, comme si la situation était normale, comme si nous pouvions croire au dialogue social quand il ne consiste qu’en de vagues déclarations d’intentions et des convocations à des réunions à l’ordre du jour aussi creux que formel ! Trop, c’est trop !

Les syndicats CGT, SUD et FSU


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