A la veille du 21 mars, « journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale », la CGT tient à rappeler que nos espaces de travail ne sont pas épargnés par le racisme, y compris au sein des ministères sociaux.
Cette édition 2026 s’inscrit dans un contexte particulier : qu’il s’agisse de négrophobie, d’antisémitisme, d’islamophobie, d’antiziganisme, ou encore de racisme anti-asiatique, les logiques de haine et de discrimination se multiplient en France et à travers le monde. Alors que l’extrême-droite progresse, que les politiques répressives anti-migrant·es se renforcent et que les propos racistes, xénophobes et stigmatisants pour les habitant·es des quartiers populaires se banalisent, y compris au plus haut niveau du gouvernement, les trop rares actions de lutte contre les discriminations sont remises en cause.
Nos lieux de travail sont des espaces à risques.
Au-delà des agissements racistes de la part d’individus, les entreprises comme les administrations demeurent profondément structurées par les discriminations raciales. Le monde du travail reproduit ainsi des mécanismes d’exclusion, parfois intentionnels, parfois ancrés dans des process et stéréotypes inconscients, qui perpétuent des inégalités sociales, organisent une ségrégation professionnelle persistante et maintiennent un système basé sur l’injustice.
Ce caractère structurel de la discrimination impacte directement l’évolution de carrière, les salaires, la santé et donc les conditions de travail et de vie des personnes concernées par le racisme :
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- Le salaire horaire des citoyens français enfants d’immigré·es du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne est inférieur, respectivement de 4.5 % et 10 %, à celui des personnes sans ascendances migratoires directes
(source : Ichou, M. et Palheta, U. (2023). « Un salaire de la blanchité ? Les revenus salariaux, une dimension sous-estimée des inégalités ethnoraciales en France ». Revue française de sociologie, 64(4), 557-595. https://doi.org/10.3917/rfs.644.0557) - 41 % des jeunes perçu·es comme noir·es, arabes ou maghrébin·nes déclarent avoir été discriminé·es dans la recherche d’emploi au cours des 5 dernières années, ainsi que 33 % dans le déroulé de leur carrière
- Les personnes d’origine étrangère ou perçues comme telles déclarent deux fois plus souvent avoir vécu un licenciement discriminatoire que la population majoritaire
(source : Défenseur des droits (2026), Rapport – Jeunesses et discriminations fondées sur l’origine : répondre à l’impératif d’égalité) - Les immigré·es et enfants d’immigré·es d’Afrique sub-sahariennes ont plus de risque d’être en contrat précaire que la population générale (29 % contre 13 %)
(source : Fundamental Rights Agency (2023), Being Black in the EU.) - Les personnes musulmanes, en France, font face à un taux de chômage plus élevés et à des contrats de travail plus précaires (source : Défenseur des droits (2025), Rapport – Les discriminations fondées sur la religion). Au sein de l’UE, les personnes musulmanes sont trois fois plus exposées au risque de grande précarité matérielle (19 %) que la population générale (6 %).
(source : Fundamental Rights Agency (2024), Being Muslim in the EU)
- Le salaire horaire des citoyens français enfants d’immigré·es du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne est inférieur, respectivement de 4.5 % et 10 %, à celui des personnes sans ascendances migratoires directes
Et qu’en est-il dans les ministères sociaux ?
Les chiffres cités plus haut n’ont pas d’équivalence dans nos administrations. Cet état de fait est bien commode pour nos directions : puisqu’il n’y a pas de données sur les inégalités et discriminations raciales dans nos ministères, alors il n’y a pas de problème…
Nous le savons de nos combats syndicaux contre le sexisme et les inégalités entre les femmes et les hommes : sans données genrées pour établir un diagnostic des inégalités et pour fixer des objectifs de rattrapage, une politique d’égalité se contentera d’effets d’annonce et de communication.
C’est dans cette logique que la CGT avait signé, dès 2017, un accord sur la lutte contre les discriminations qui prévoyait une étude portant sur l’examen comparé des évolutions de carrière à partir du critère de l’origine réelle ou supposée, au travers de cohortes d’agent·es du ministère du Travail. Pourtant un préalable à toute politique ambitieuse en la matière, la direction a choisi de renier ses engagements et de se contenter d’actions de surface sur « la diversité ».
Luttes anti-racistes et luttes sociales : un même combat syndical !
Nous réclamons une action structurée de la part des ministères sociaux contre les agissements racistes et contre les discriminations raciales. Cela ne pourra passer que par un diagnostic sérieux, basé sur les recommandations et la méthodologie proposée par la CNIL (source : CNIL (2025), Recommandation relative au traitement des données à caractère personnel dans le cadre d’enquêtes de mesure de la diversité au travail), pour mesurer les effets des discriminations raciales sur les carrières et les salaires des agents.
Si vous êtes victime d’actes ou propos racistes ou si vous pensez faire face à une situation de discrimination
contactez la CGT
La CGT des ministères sociaux :
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- Vous accompagne en cas de difficultés,
- Est disponible pour vous renseigner sur vos droits,
- Agit au quotidien pour défendre ces droits et continuer d’améliorer vos conditions de travail et de vie.
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